Émilie du Châtelet (1706-1749)

Son père – qui a reconnu quelque chose d’extraordinaire chez sa fille – l’a plutôt protégée.

À douze ans, elle parlait latin, grec, italien, allemand et anglais. À l’adolescence, elle appliquait la théorie mathématique des probabilités aux jeux de cartes dans les salons parisiens, utilisant ses gains pour financer sa véritable obsession : la science.

À dix-huit ans, elle épousa le marquis du Chastellet, un officier militaire qui était parti en campagne pendant une grande partie de leur mariage. Ils ont eu trois enfants ensemble. Elle a répondu à toutes les attentes de la société aristocratique.

Puis, comme personne ne la regardait, elle retourna à ses équations.

Vers 1733, elle rencontre Voltaire, le célèbre écrivain et philosophe. Leur relation est devenue l’un des plus grands partenariats intellectuels de l’histoire. Ensemble, ils transformèrent le domaine de son mari au Château de Cirey en quelque chose de presque inimaginable pour l’époque : un paradis scientifique privé. Laboratoires. Télescopes. Une bibliothèque de milliers de livres.

Parce que si le monde ne la laissait pas entrer dans ses institutions, elle construirait les siennes.

Les découvertes sont arrivées.

En 1738, elle soumit un article sur la nature du feu et de la lumière à l’Académie française des sciences, affirmant que différentes couleurs de lumière transportaient différentes quantités de chaleur. Il a fallu attendre un siècle avant que les scientifiques ne confirment officiellement ce qu’elle avait déjà vu. Nous appelons désormais cela le rayonnement infrarouge.

Vint ensuite sa contribution la plus radicale à la physique.

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